IPPJ : « L’argent du narcotrafic doit servir à endiguer la délinquance juvénile »

Les violences survenues en marge de la manifestation du 9 octobre à Bruxelles ont révélé une situation préoccupante : faute de places disponibles en IPPJ, des décisions de placement jugées nécessaires par la justice ne peuvent être exécutées. Pour DéFI, il est urgent de renforcer les capacités de prise en charge des mineurs, mais aussi d’investir dans la prévention de la délinquance.

  • Publié le 13.10.2026

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Selon les informations communiquées par le parquet de Bruxelles, seize mineurs soupçonnés de faits graves ont été remis en liberté faute de places en IPPJ.

Cette situation illustre les conséquences concrètes de la saturation des institutions publiques de protection de la jeunesse (IPPJ), alors que 280 jeunes sont inscrits sur liste d’attente.

« La fermeté ne peut pas se résumer à des déclarations d’intention. Lorsqu’un magistrat estime qu’un jeune doit être placé en IPPJ, encore faut-il qu’une place soit disponible. Sans moyens suffisants, nous fragilisons à la fois la réponse judiciaire, la sécurité des citoyens et les chances de réinsertion de ces jeunes »

Sophie Rohonyi

Faire payer les trafiquants pour protéger la jeunesse.

Pour DéFI, une partie des avoirs définitivement confisqués aux réseaux de narcotrafic doit pouvoir être réinvestie dans la prévention de la délinquance et la prise en charge des mineurs. Une proposition qui fait écho aux constats de Julien Moinil, procureur du Roi de Bruxelles, qui annonçait le 28 août dernier la saisie de 203 millions d’euros depuis janvier 2025.

« Nous devons sortir de cette logique qui consiste à réagir après chaque fait de violence, sans investir suffisamment pour éviter que d’autres ne se produisent. Une partie de l’argent retiré aux narcotrafiquants doit servir à empêcher que les délinquants d’aujourd’hui deviennent demain des criminels. C’est une question de sécurité, mais aussi de responsabilité collective. Utiliser cet argent pour financer des projets d’utilité publique et mener des enquêtes, c’est aussi mettre fin à l’impunité »

Sophie Rohonyi

La prévention et la fermeté doivent aller de pair.

La pénurie de places en IPPJ ne peut être dissociée des difficultés plus larges rencontrées par le secteur de l’aide à la jeunesse. Un accompagnement insuffisant des jeunes en difficulté peut compromettre leur parcours de réinsertion et les efforts de prévention de la récidive.

DéFI appelle dès lors le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles – qui vient de boucler son budget sans attention accrue à cette problématique – à présenter un plan concret de renforcement des capacités d’accueil en IPPJ, accompagné de moyens supplémentaires pour les services d’aide à la jeunesse et les associations de prévention.

« Sanctionner les violences est indispensable, mais une politique de sécurité crédible ne se limite pas à annoncer des sanctions : elle doit garantir leur application, prévenir la récidive et investir dans l’encadrement, l’éducation et la prévention. Sécurité et aide à la jeunesse doivent aller de pair »

Sophie Rohonyi

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