“De Trump à la Belgique : DéFI veut inscrire la liberté académique dans la Constitution”

À l’heure où Donald Trump s’en prend frontalement aux universités américaines, les universités et hautes écoles belges font également face à des pressions croissantes : réductions budgétaires dans la recherche et l’enseignement supérieur, volonté d’orienter la recherche vers des objectifs politiques ou économiques, absence de régulation de l’IA, des réseaux sociaux et des fake news qui nuisent à l’esprit critique, attaques contre les sciences humaines, procédures bâillons contre des chercheurs, ou encore pressions politiques sur les établissements au nom de considérations idéologiques.

  • Publié le 11.09.2026

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Aux États-Unis, Trump a montré jusqu’où cette logique peut mener : des financements menacés, des chercheurs sous pression, et des universités poussées à se conformer aux priorités des pouvoirs politiques ou économiques.

Selon l’Academic Freedom Index, les universités et hautes écoles européennes vivent déjà ce que vivent les universités américaines avec Trump: des discours et des décisions qui réduisent progressivement leur capacité à penser, rechercher et s’exprimer librement.

Or, sans liberté académique, qui pourra encore étudier librement le changement climatique, les pandémies, les cancers, les inégalités ou l’impact de l’IA? Qui pourra publier des résultats qui déplaisent à un gouvernement ou à une entreprise ? À terme, c’est notre capacité à prendre des décisions sur base de faits – plutôt que de pressions politiques, économiques ou idéologiques – qui est menacée.

La Belgique doit donc tirer les leçons de ce qui se passe outre-Atlantique avant qu’il ne soit trop tard, d’autant que deux nouvelles menaces planent:

Premièrement, le projet de la Ministre-présidente de la FWB Degryse d’introduire un principe de neutralité applicable aux universités. Si DéFI défend le principe de neutralité de l’enseignement, une neutralité mal définie ne peut devenir un outil permettant de sanctionner des enseignants ou chercheurs pour leurs travaux, leurs prises de position ou les sujets qu’ils étudient.

Deuxièmement, le projet du Ministre fédéral Jambon de supprimer l’exonération de précompte professionnel dont bénéficient les chercheurs universitaires. Au-delà des suppressions d’emplois qu’elle pourrait provoquer, cette mesure risque d’accentuer la dépendance des universités aux financements privés et aux recherches commanditées. Or, une recherche financée par ceux qui ont intérêt à ses résultats n’est plus une recherche libre.

Face à ces menaces, DéFI a donc déposé au Parlement fédéral une proposition visant à inscrire la liberté académique dans la Constitution, laquelle englobe la liberté de recherche, d’enseignement, d’expression, de diffusion des résultats scientifiques et de contribution au progrès des connaissances et de la société.

La Belgique rejoindrait ainsi l’Allemagne, la Grèce, l’Italie et la Suisse, qui consacrent déjà cette liberté dans leur Constitution.

Comme le souligne Sophie Rohonyi, présidente de DéFI : « Trump nous montre ce qui arrive quand le pouvoir politique veut mettre la science au pas. Une université libre n’est pas un privilège pour les chercheurs : c’est une garantie pour chaque citoyen de pouvoir compter sur des connaissances libres, indépendantes et fiables. Parce que la science doit pouvoir déranger le pouvoir, elle doit être protégée du pouvoir.”

DéFI demande donc l’ouverture d’un débat démocratique au Parlement sur l’inscription de la liberté académique dans notre Constitution, avant que nous ayons, comme les Américains, à choisir entre une science libre et une science sous contrôle.

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