Petite Enfance, grand défi : soutenir le secteur de la Petite Enfance est essentiel

– LE 11 OCTOBRE 2023 –

Avec un taux de couverture d’environ 38% en Fédération Wallonie-Bruxelles, la majorité des enfants n’ont pas accès à un milieu d’accueil de qualité, pourtant important à leur développement. Pour DéFI, il faut rapidement prendre des mesures pour aider le secteur de la Petite Enfance. 

  • Publié le 12.10.2023

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Une crèche permet l‘accompagnement des tout-petits dans leurs apprentissages tout en favorisant la sociabilisation grâce au contact d’autres enfants et d’autres adultes que les parents. Augmenter l’accessibilité aux crèches est d’autant plus important que les disparités entre les communes et les quartiers sont marquées.

Depuis 2020, plus de 2000 familles auraient perdu une place d’accueil alerte la FeMAPE (Fédération des Milieux d’Accueil de la Petite Enfance). En cause : le sous financement du secteur ainsi que l’application de certaines mesures de la Réforme Milac.

Pensées pour augmenter l’accessibilité, la stabilité et la qualité des milieux d’accueil, en réalité, certaines mesures de la Réforme Milac entraînent une complexification des démarches administratives et impactent directement la viabilité des crèches non subventionnées. « On assiste ainsi à des fermetures de crèches non subventionnées et les candidats pour ouvrir de nouvelles crèches se font rares ». explique Florence Couldrey, échevine de la Petite Enfance DéFI à Auderghem.

Autre problème : pour augmenter la qualité d’accueil, le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles souhaite renforcer les qualifications requises pour accéder à la profession. « Ce n’est un secret pour personne, recruter du personnel dans le secteur de la Petite Enfance est difficile. Il y a lieu de s’interroger sur les priorités choisies. A l’évidence, une des causes de la pénurie de puéricultrices, ce sont les conditions de travail » pointe l’échevine Défi. « La Réforme prévoyait d’octroyer aux milieux d’accueil subventionnés des subsides en adéquation avec les normes d’encadrement requises par l’ONE. Faute de financement suffisant, cette mesure n’a pas été implémentée.  Comme les communes ont à leur charge au moins 30% du personnel, engager au-delà des normes d’encadrement de l’ONE est difficile. Or, dans la pratique, en crèche, le taux d’absentéisme du personnel est élevé. En cas d’absence, il y a un report de charge de travail sur le personnel restant…qui finit par s’épuiser ».

Améliorer les conditions de travail est une des clés pour contrer la pénurie de personnel. D’ici 2026, 5200 places d’accueil devraient être créées grâce au Plan Cigogne. « Mais qui va encadrer les enfants si aucune stratégie n’est mise en place pour contrer la pénurie de personnel ? » s’inquiète Florence Couldrey. 

Pour Défi, il faut travailler sur 3 axes.

  • Aider le secteur privé non subventionné, qui assume une mission de service public et qui fait face à des problèmes de rentabilité. Le Secteur privé joue un rôle important. Le type d’accueil d’une petite structure n’est pas le même que celui d’une grande structure que ce soit au niveau pédagogique, au niveau du caractère familial ou non ainsi que de la flexibilité d’horaires d’accueil, par exemple.
  • Permettre aux crèches subventionnées une certaine autonomie de gestion et leur octroyer des subsides conformes aux normes d’encadrement requises par l’ONE.
  • Contrer la pénurie de personnel.

 

Pour DéFI, il faut prendre des mesures structurelles plutôt que de colmater les brèches. Pour cela, DéFI souhaite

  • L’annulation de certaines mesures de la réforme Milac : permettre aux nouvelles crèches de continuer à fonctionner en tant que personne physique plutôt que de les obliger à passer sous statut d’ASBL ou de société à finalité sociale ;  continuer à pouvoir travailler avec du personnel indépendant plutôt que d’imposer aux nouvelles crèches l’obtention d’une dérogation pour pouvoir travailler avec du personnel indépendant; continuer à permettre aux responsables de crèche d’ouvrir en fonction de la superficie disponible plutôt que d’imposer aux nouvelles crèches l’obtention d’une dérogation pour pouvoir ouvrir avec une capacité de moins de  14 places ; permettre aux crèches subventionnées de continuer à ouvrir 10h30 plutôt que leur imposer 11h30 d’ouverture.
  • Un financement correct des milieux d’accueil : il est nécessaire d’octroyer aux crèches subventionnées des subventions conformes aux normes d’encadrement exigées par l’ONE et d’offrir aux crèches non subventionnées des incitants en vue d’assurer une stabilité à ces structures. Cela pourrait se faire via la mise à disposition à tarif réduit de bâtiments équipés qui respectent les normes de l’ONE et des services de secours et via l’’octroi d’un « chèques service-accueil enfant » basé sur les revenus des parents. Ceci permettrait aux familles d’accéder aux milieux d’accueil non subventionnés dont le coût pour un parent est plus élevé que celui des crèches subventionnées.
  • L’octroi d’une certaine autonomie de gestion aux crèches subventionnées : les pouvoirs organisateurs de crèches subventionnées devraient pouvoir définir dans leur contrat un certain nombre d’éléments tels le nombre de jours de congés non facturés et l’horaire d’accueil prévu.  Elles devraient aussi pouvoir limiter à un pourcentage le nombre de contrat d’accueil à temps partiels non cumulable afin d’éviter que des places ne soient bloquées.
  • Donner aux communes un rôle de partenaire et de facilitateur : les administrations communales pourraient jouer un rôle complémentaire de partenaire pour faciliter les démarches administratives des responsables de crèches non subventionnées et donner un avis consultatif à l’ONE. 
  • L’harmonisation des normes de service de secours : à l’instar de la Flandre, la Fédération Wallonie-Bruxelles doit établir des normes claires pour que toutes les situations soient traitées de manière uniforme.
  • Des mesures pour contrer la pénurie de personnel : appliquer le système de validation des compétences pour le métier d’accueillante d’enfant, mettre en place une formation continue pour le personnel de direction, renforcer l’offre de formation en alternance, et assurer une indemnité aux personnes se réorientant vers une formation qualifiante en petite enfance.



Agir dès maintenant est d’autant plus important que l’on assiste également à des fermetures de crèches agréées par Kind & Gezin. En cause, notamment, le bilinguisme imposé par Kind & Gezin au personnel. 

DéFI s’engage à être un partenaire essentiel dans l’amélioration de l’éducation des enfants dès le plus jeune âge en offrant un meilleur accès aux crèches des secteurs privés et publics. La crise de la Petite Enfance en Fédération Wallonie-Bruxelles nécessite des mesures urgentes, une réforme en profondeur, mais aussi une réflexion à long terme pour garantir un avenir meilleur pour nos enfants.

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