Nous devons plus que jamais éviter de donner de faux espoirs aux victimes et être à la hauteur de leurs attentes !

LE JEUDI 25 NOVEMBRE 2021

En cette journée de lutte contre les violences faites aux femmes, Sophie Rohonyi, députée fédérale, interpellait Sarah Schlitz, secrétaire d’Etat à l’Egalité des chances, sur les mesures du gouvernement contre les violences faites aux femmes.

  • Publié le 25.11.2021

  • min.

Etre une femme est synonyme d’insécurité

« Elles s’appelaient Rachida, Marietta, Nathalie, Anne-Laurence… Elles ont été tuées ces derniers mois sur notre territoire parce qu’elles étaient des femmes, le plus souvent par leur compagnon ou ex-compagnon » commence Sophie Rohonyi lors de sa prise de parole en séance plénière à la Chambre. « On le sait : ces féminicides sont l’aboutissement d’un continuum de violences systémiques à l’égard des femmes et filles : des violences physiques, psychologiques, économiques, sexuelles. Chaque 25 novembre, nous sensibilisons à l’importance d’agir contre cette société patriarcale où être une femme est synonyme d’insécurité, où être une femme signifie devoir faire profil bas, se taire ou se cacher, pour vivre et protéger ses enfants » continue la députée.

Des moyens supplémentaires sont nécessaires

Même si Sophie Rohonyi reconnaît que le gouvernement fédéral a fait des violences faites aux femmes une priorité, notre députée se doit d’attirer l’attention des ministres sur le fait que de trop nombreuses victimes ne portent pas plainte par manque de confiance envers notre police et notre Justice, considérant ainsi  “que cela ne sert à rien” : « Le gouvernement va-t-il proposer, en même temps que votre réforme du Code pénal sexuel, une réforme du CIC, ce qui permettrait, par exemple, de reconnaître le stress post-traumatique comme moyen de preuve à part entière, et d’ainsi diminuer le taux de 53% des plaintes pour viol qui sont aujourd’hui classées sans suite, principalement par manque de preuve ?

De quelle manière le gouvernement va-t-il généraliser les bonnes pratiques d’accueil et de protection des victimes qui ont été développées dans certaines zones de police, si nos policiers ne sont pas soutenus par la Ministre de l’Intérieur dans leurs demandes plus que légitimes de refinancement des zones et de revalorisation de leur profession ? »

Pour finir, notre députée fédérale rappelle l’importance d’autres moyens d’actions : « Qu’en est-il du financement des centres d’appui de prise en charge des délinquants sexuels ? De rendre les lignes d’écoute accessibles par SMS ou par Chat ? Ou encore du bracelet anti-rapprochement ? Je pense que la clef de notre combat contre les violences faites aux femmes et aux filles réside dans la diversité des mesures pour répondre à la diversité des victimes et de leurs besoins ! Nous devons plus que jamais éviter de donner de faux espoirs aux victimes et être à la hauteur de leurs attentes ! »

Je pense que la clef de notre combat contre les violences faites aux femmes et aux filles réside dans la diversité des mesures pour répondre à la diversité des victimes et de leurs besoins !

Sophie Rohonyi

Pour DéFI, il faut :

Faciliter le dépôt et le suivi de la plainte :

  • Augmenter le nombre minimal annuel d’heures de formation continue des policiers à l’accueil des victimes de violences sexuelles
  • Généraliser les collaborations entre zones de police d’une part et associations et acteurs de terrain qui soutiennent les victimes d’autre part
  • Généraliser les centres de prise en charge des violences sexuelles
  • Rendre obligatoire l’assistance d’un avocat dès lors de la première audition de la victime
  • Reconnaitre le stress post-traumatique, par ailleurs détectable par IRM, comme moyen de preuve
  • Rendre automatique l’analyse ADN en cas de violences sexuelles
  • Définir la notion de consentement et préciser les cas dans lesquels il n’y a jamais de consentement

Limiter la récidive :

  • Augmenter et pérenniser le financement des centres d’appui de prise en charge des délinquants sexuels
  • Rendre obligatoires et non plus facultatifs la guidance ou le traitement thérapeutique d’un condamné pour faits de viol ou d’attentat à la pudeur qui est libéré sous surveillance électronique
  • Instituer la fonction de juge d’instruction spécialité en matière de mœurs, à l’instar des juges d’instruction spécialisé en matière de terrorisme ou de criminalité financière.

Tags

  • Droit des femmes

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