Passé Colonial : La Belgique manque un rendez-vous avec son histoire

– 21 DÉCEMBRE 2022 –

Après 2,5 ans de travaux, 300 auditions, 150 témoignages, 2 rapports et une mission dans les anciens pays colonisés, la commission spéciale Passé Colonial n’a pas trouvé de consensus au Parlement fédéral. Malgré des faits historiques connus, la Belgique n’est pas à même de formuler des excuses. Pour DéFI, il s’agit d’un échec de l’Etat belge qui aurait dû assumer sa responsabilité en tant qu’entité morale.

  • Publié le 21.12.2022

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En Belgique, tout comme dans d’autres pays, le débat public s’est fortement focalisé sur des questions cruciales telles que les restitutions, les excuses à émettre, le traitement des statues ainsi que des monuments coloniaux. Ce phénomène est ce que les historiens désignent communément comme le « refoulé de la mémoire coloniale ». Moments importants pour notre histoire collective, DéFI regrette que les membres de la commission spéciale ne soient pas parvenus à aller au-delà des ressentis et des divergences et n’aient pas abouti à un consensus. Il n’ y a donc pas eu de vote pour les 128 recommandations formulées par la commission spéciale. 

Si notre pays, par l’intermédiaire du pouvoir législatif fédéral incarné par la Chambre des représentants, condamne, elle doit s’excuser, il n’y a aucun doute.

François De Smet

Pour DéFI, il n’est plus permis de minimiser le caractère massif des violences, massacres, exactions en tous genres qui ont émaillé la colonisation, dans un contexte de racisme et d’impunité institutionnalisés. L’Etat belge est une entité morale qui a une responsabilité écrasante. C’est pourquoi, DéFI regrette que l’Etat belge ne soit pas capable de faire face à ce passé.

Une manière d’y faire face est, par exemple, de faire de l’AfricaMuseum un centre d’excellence sur le passé colonial de la Belgique. 

En matière d’espace public, DéFI souhaite que les références au passé colonial, comme les monuments, fassent l’objet d’une contextualisation. En effet, au lieu de vouloir déboulonner les statues et les noms de rue, nous pensons qu’il faut ajouter les monuments et les noms de rue qui manquent. Il faut que les victimes de la colonisation aient leur propre monument et que, par ce biais, une reconnaissance de cette souffrance soit incluse dans notre espace public.

Pour François De Smet il y a un lien entre les douleurs du passé et les souffrances présentes. Nous avions une occasion unique de réparer. Symboliquement. Par des excuses, claires, de la part du Parlement et de l’Exécutif. Par des inscriptions claires dans l’espace public. Par, enfin, une lutte contre le racisme renforcée qui doit se construire sur la reconnaissance du passé. 

 

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  • Lutte contre les discriminations
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