Ville de Namur : un avenir financier au goût amer

– LE 9 JANVIER 2024 –

Avant la trêve des confiseurs, il est de tradition que les pouvoirs publics valident leurs budgets pour l’année suivante. Ce fut le cas aussi fin décembre à Namur. Au terme de débats nourris, nos élus DéFI regrettaient toujours certains aspects du budget mais, en s’abstenant lors du vote, ont fait preuve de raison et de réalisme face au contexte difficile que subissent les pouvoirs locaux actuellement.

  • Publié le 09.01.2024

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À Namur, les dépenses ordinaires se chiffrent à 280 millions €, dont 110 vont vers des dépenses de personnel. Elles ont sensiblement augmenté suite aux diverses indexations des salaires ces dernières années et de celles prévues pour 2024. Si ce mécanisme est évidemment positif pour le pouvoir d’achat des employés de notre ville, ce n’est pas sans de lourdes conséquences les finances communales, ce qui sera intenable sans l’intervention des autres niveaux de pouvoirs pour pallier cette dépense supplémentaire (très) importante. 

À ceci s’ajoute près de 50 millions de dépenses de fonctionnement (eau, énergie, assurances, frais administratifs, etc.) qui, elles aussi, ont subi durement l’augmentation du prix des matières premières. L’addition se fait lourde, sans l’aide parfois attendue des autres niveaux de pouvoirs. Certes, des efforts ont été consentis : beaucoup de bâtiments communaux ont été isolés, les éclairages publics remplacés, mais cela sera loin d’être suffisant. 

Un budget en trompe-l’oeil

Alors qu’on voit des chiffres s’envoler et atteindre des sommets très préoccupants, notre  chef de groupe au conseil communal, Julien Lemoine, n’a pas manqué de pointer le fait qu’il s’agit d’un budget trompe-l’œil, présenté sous un faux équilibre. En effet, sans l’aide régionale à hauteur de plus de 47 millions du fonds d’oxygène, la ville serait (très) gravement dans le rouge. Les communes de Wallonie, dont Namur, n’empruntent désormais plus pour investir, mais pour simplement fonctionner. Et c’est la génération suivante qui paiera la note.  

Nos élus DéFI n’ont pas non plus manqué de pointer ce qu’ils auraient souhaité améliorer dans ce budget : 

  • La nécessité d’augmenter les subsides en direction des ASBL qui, via des programmes de prévention, luttent chaque jour dans notre commune contre toutes les formes d’addiction (drogue, alcool, …) et qui, de manière indirecte, apportent leur aide dans la lutte contre l’insécurité dans la ville. 
  • Le besoin d’augmenter les crédits liés à la gestion des piscines communales. 
  • Une remise en question des centimes additionnels au précompte immobilier qui sont de plus en plus élevés à Namur et qui pénalisent encore et toujours la classe moyenne.
  • Un questionnement quant au scan-car qui ne favorise pas l’attractivité du centre-ville et de ses abords. 
  • Une augmentation de la pression sur les propriétaires des logements inoccupés. 

Dans son allocution, Julien Lemoine a également relevé deux points positifs :

  • Une augmentation des crédits alloués à la petite enfance qui fait écho à la demande en ce sens portée par DéFI il y a un an et qui répond ainsi à un besoin en matière d’éducation, d’aide aux parents et, à moyen terme, à des besoins sociaux. 1€ dans le préventif qu’est l’éducation aujourd’hui, c’est 15€ de moins dans le curatif qu’est le social demain. 
  • Les commerçants percevront des allègements fiscaux conséquents en raison de la construction du futur piétonnier. Si ce n’est pas la panacée, c’est la prise de conscience que sans un pôle économique attractif, une ville n’est rien. Il faut continuer de lutter en ce sens.

Sur la dotation au CPAS qui a drastiquement augmenté en 3 ans de plus de 27,7%, soit 1,7 millions d’euros annuellement, Julien Lemoine prône l’interrogation quant à l’effectivité des mécanismes de réinsertion professionnelle. « C’est selon nous la clef à la lutte contre la précarité et les enjeux qui en découlent. »

Prudence, sagesse et optimisme

Comme dans toute entreprise, nos élus namurois recommandent d’être audacieux, mais invitent à la prudence pour chacune des dépenses, tout comme le font l’ensemble des ménages. N’oublions jamais une chose : chaque euro emprunté, surtout pour fonctionner, pèse sur les budgets à venir. 

Et Julien Lemoine de conclure : “ne pensez pas qu’à l’urgence financière actuelle, mais également à celle à laquelle devra faire face la future génération !”

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